Visite royale au Canada : un symbole dépassé ?
Article d'Anthony Tremblay
Il faut dire que cette semaine, nous aurons droit à une visite de haut niveau à Ottawa. En effet, le roi Charles III — que nous avons longtemps connu comme prince — viendra lire le discours du trône devant les députés réunis au Parlement. Doit-on y voir une affirmation de la « souveraineté » canadienne ou, au contraire, le maintien d’un symbole dépassé, dans un pays appelé à se transformer profondément au cours des prochaines années ?
La visite se déroulera lundi et mardi, dans la capitale fédérale. Une série d’activités publiques et protocolaires sont prévues pour mettre le roi et sa compagne en valeur. L’objectif principal de cette visite ? Souligner la distinction entre le Canada et les États-Unis, notamment sur le plan historique.
Mais en y regardant de plus près, il faut bien admettre que ce symbole ne passe pas bien auprès de nombreux Québécois, et même auprès d’un nombre croissant de Canadiens anglophones. La monarchie est souvent perçue comme un vestige du passé, coûteux pour les contribuables, qui doivent financer le train de vie fastueux de la gouverneure générale et des lieutenants-gouverneurs dans les provinces.
En période de crise, peut-on vraiment justifier l’entretien d’un tel niveau de vie pour des personnalités non élues, dont l’utilité pour la population est de plus en plus contestée ? Il ne s’agit pas ici d’une critique dirigée uniquement contre le roi, mais contre l’ensemble des représentants de la monarchie britannique au Canada.
L’actuelle gouverneure générale, Mary Simon, a dépensé plus de 30 000 $ en cours de français, une langue qu’elle s’était engagée à apprendre. Pourtant, malgré cette somme considérable, elle demeure incapable de construire une phrase dans la langue de Michel Tremblay. Par ailleurs, plusieurs soupers officiels, chacun coûtant des dizaines de milliers de dollars aux contribuables, ont fait les manchettes à répétition.
Le Canada a-t-il encore le luxe d’entretenir cette fiction ? Les symboles monarchiques sont de plus en plus impopulaires, même en dehors du Québec, qui a pourtant une longue histoire de méfiance envers la famille royale. On comprend toutefois pourquoi un gouvernement canadien, même peu favorable à la monarchie, hésiterait à [...]


