D’après un article de l’Associated Press publié dans Global News le 18 juillet 2025
Dans un geste hautement symbolique et politiquement chargé, le président vénézuélien Nicolás Maduro a autorisé, vendredi, la libération de dix ressortissants américains détenus dans son pays, en échange du retour au Venezuela de plus de 250 migrants incarcérés au Salvador. L’échange, complexe et tripartite, implique les États-Unis, le Venezuela et le Salvador, chacun y trouvant un gain stratégique distinct.
L’Associated Press rapporte que cet accord diplomatique constitue une victoire politique pour les trois chefs d’État impliqués. Nicolás Maduro, tout d’abord, tente de renforcer sa légitimité contestée après une élection présidentielle de 2024 largement considérée comme frauduleuse. Le président américain Donald Trump, de retour à la Maison-Blanche, peut quant à lui revendiquer le rapatriement d’Américains détenus à l’étranger – un engagement phare de sa politique extérieure. Enfin, le président salvadorien Nayib Bukele, à l’origine de la proposition, parvient à évacuer de sa prison de haute sécurité des centaines de Vénézuéliens qui y avaient été enfermés sous prétexte d’appartenance au gang violent Tren de Aragua – sans preuve claire, selon plusieurs observateurs.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a confirmé la libération des dix détenus américains en saluant l’intervention du Salvador : « Chaque Américain injustement détenu au Venezuela est désormais libre et de retour sur notre sol », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Parmi les citoyens américains libérés figure Lucas Hunter, 37 ans, que sa famille affirme avoir été enlevé en janvier dernier par des gardes-frontières vénézuéliens alors qu’il était en vacances en Colombie. « Nous avons attendu ce jour pendant près d’un an », a témoigné sa sœur Sophie Hunter. D’autres, comme Wilbert Casteneda, ancien Navy SEAL arrêté à Caracas, auraient été utilisés comme « pions politiques » selon leurs proches. Christian Casteneda, son frère, déclare : « Mon frère est un homme innocent utilisé comme monnaie d’échange par le régime Maduro. »
Le sort des Vénézuéliens détenus au Salvador, en particulier, soulève de vives préoccupations. Déportés des États-Unis au début de l’année dans le cadre d’un durcissement de la politique migratoire, ces migrants avaient été envoyés au centre pénitentiaire CECOT – surnommé « centre de confinement du terrorisme » – réputé pour ses conditions inhumaines. L’accord conclu en [...]


