Que nous ont rapporté les 100 000 nouveaux fonctionnaires fédéraux ?
La rédaction
Le journaliste Chris Selley du National Post s’interroge sur l’explosion du nombre de fonctionnaires fédéraux au Canada sous les libéraux, et les retombées réelles de cette croissance, alors que le gouvernement Carney envisage maintenant de réduire considérablement les effectifs.
Le Canadian Centre for Policy Alternatives (CCPA), un groupe de réflexion progressiste, a récemment publié une analyse anticipant les effets de la volonté du gouvernement fédéral de réaliser des économies. Selon le CCPA, jusqu’à 57 000 postes pourraient être supprimés d’ici 2028, en particulier dans des agences clés comme l’Agence du revenu du Canada, Emploi et Développement social, ainsi que Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
Le CCPA alerte que ces réductions auront un impact direct sur les services : « il sera plus difficile d’obtenir de l’aide pour les questions fiscales et les délais déjà longs s’allongeront », prévient le rapport. L’organisation met aussi en garde contre des délais accrus pour l’assurance-emploi, les pensions, les passeports et les visas.
Le Syndicat de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) a exprimé les mêmes craintes. Toutefois, Chris Selley souligne que ce genre de prédiction est généralement crédible en temps normal, où moins de personnel mène effectivement à moins de services. Mais les temps ne sont justement pas normaux.
Entre 2015 et 2025, le nombre de fonctionnaires fédéraux a bondi de 39 %, passant de 257 000 à environ 357 000, alors que la population canadienne n’a augmenté que de 17 % sur la même période. Même en retranchant 57 000 postes comme le suggère le CCPA, la fonction publique demeurerait en croissance nette de 43 000 employés, ce qui correspondrait davantage au rythme démographique.
Selley observe que l’AFPC gagnerait à démontrer l’utilité concrète de cette expansion du personnel, notamment en termes d’amélioration des services publics. Sollicité pour des exemples, le syndicat a mentionné la nécessité de rebâtir la fonction publique après les compressions du gouvernement Harper, dont la fermeture controversée de bureaux régionaux pour les anciens combattants. Il a aussi [...]


