Quand le régime iranien traque ses dissidents jusqu’au Canada
La rédaction
D’après un article de Tom Blackwell publié dans le National Post le 18 juillet 2025
Pour nombre de Canadiens d’origine iranienne, l’exil au Canada devait être une promesse de paix, de sécurité et de liberté. Pourtant, plusieurs affirment aujourd’hui vivre sous la menace constante d’un régime iranien qui, même à 10 000 kilomètres de distance, continue d’étendre ses tentacules. Dans un long reportage, Tom Blackwell expose une réalité troublante : l’Iran aurait établi au Canada un réseau d’intimidation, d’espionnage et de manipulation qui fait craindre à certains que le pays soit devenu le plus infiltré de tout l’Occident.
Daniel, un ancien fournisseur en télécommunications installé à Toronto, en est un exemple frappant. Juif iranien ayant fui le régime après avoir, selon ses dires, saboté des projets liés à des équipements militaires, il est désormais la cible directe de menaces de mort. Ses proches restés en Iran ont été interrogés pendant des heures ; les autorités auraient exhibé des photos de lui, de sa femme et de leur enfant, affirmant avoir obtenu un ordre d’exécution.
« J’ai peur, non pas pour moi, mais pour mon fils », confie Daniel à Tom Blackwell.
Ce climat de peur, Hamed Esmaeilion le connaît également. Dentiste dans la région de Toronto, il est devenu un visage public de la diaspora après avoir perdu sa femme et sa fille de neuf ans dans la destruction du vol PS752 abattu par les Gardiens de la Révolution iraniens en 2020. Pour avoir dénoncé ce crime d’État, Esmaeilion affirme être depuis sous pression constante : interrogatoires de ses proches, interdictions de sortie du territoire imposées à sa famille et menaces proférées publiquement par des anciens ministres iraniens… y compris lors de vacances en sol canadien.
« Je parle d’un empire de la terreur sans frontières », explique-t-il à Blackwell, un rire amer dans la voix.
L’article de Tom Blackwell revient aussi sur les soupçons d’infiltration du territoire canadien par des agents ou anciens responsables du régime iranien. Certains, comme Morteza Talaei, ancien chef de la police de Téhéran connu pour la répression des femmes et des étudiants, ont été aperçus à Richmond [...]


