Pourquoi Nanaimo illustre l’échec des politiques fédérales sur la drogue
La rédaction
D’après un article de Jamie Sarkonak publié dans le National Post le 22 juillet 2025
À Nanaimo, en Colombie-Britannique, la réalité quotidienne des résidents du centre-ville est devenue si invivable que le conseil municipal a sérieusement envisagé d’ériger une clôture de 1,8 mètre autour de son stationnement, comme ultime barrière contre la dégradation ambiante. Jamie Sarkonak explique que cette proposition, bien que rejetée, témoigne d’une situation d’une gravité inquiétante et d’un échec manifeste des politiques dites de « réduction des méfaits ».
Depuis la relocalisation du seul site de consommation supervisée de la ville à l’est de l’hôtel de ville en décembre 2022 — auparavant situé juste en face — les plaintes pour usage de drogue à ciel ouvert, trafic de rue, incendies, excréments humains et vols se sont multipliées. Un rapport au conseil municipal mentionne que le précédent emplacement avait déjà engendré une « itinérance enracinée » et des nuisances accrues. Rien n’indique que le nouveau site ait apporté une amélioration.
À deux minutes de route de là, un autre centre d’aide aux sans-abris, le Hub, a ouvert ses portes en janvier. Entre ces deux pôles se trouve le parc Nob Hill, que les résidents évitent désormais. Sarkonak rapporte que pour plusieurs familles, comme celle de Jean Fox, ce lieu est devenu un terrain occupé par des consommateurs de drogues et des individus en détresse. Fox affirme que son mari de 82 ans s’est fait voler ses outils de menuiserie dans leur maison pendant leur sommeil. La police les a ensuite retrouvés dans des chariots à proximité du Hub.
« Il y a des excréments humains dans le parc », a-t-elle témoigné devant le comité des finances de la ville. « Ils baissent leur pantalon devant notre fenêtre et se soulagent. »
Les témoignages s’accumulent. Anthony Gratl, qui rénove une propriété dans le secteur, affirme avoir été agressé en demandant à un homme de quitter son terrain. Le matin, des fumeurs de méthamphétamine attendent l’ouverture de la pharmacie. Pour lui, « la situation est complètement hors de contrôle ». Même constat pour Leslie Girard, père de famille, qui rapporte des agressions verbales, des sacs de détritus et même des combats de chiens près de sa clôture.
Les chiffres appuient ces constats : de janvier à juin, la GRC a reçu plus de 500 appels concernant le périmètre du Hub. Pourtant, comme le souligne Sarkonak, les policiers ont les mains liées. Le constable Adam Taylor a expliqué aux élus municipaux que les directives fédérales les empêchent d’intervenir [...]


