Peines sévères réclamées pour Lich et Barber : justice exemplaire ou châtiment politique?
La rédaction
L’audience de détermination de la peine des figures du « convoi de la liberté », Tamara Lich et Chris Barber, s’est ouverte cette semaine à Ottawa dans un climat judiciaire et politique chargé. Le ministère public réclame respectivement sept et huit ans de prison pour méfait et, dans le cas de Barber, incitation à désobéir à une ordonnance du tribunal. Ces peines, largement supérieures à celles récemment infligées pour des crimes violents, relancent une question cruciale : s’agit-il encore de justice, ou d’un châtiment exemplaire à caractère politique?
Une manifestation aux lourdes conséquences juridiques
Condamnés en avril pour méfait, Lich et Barber ont été jugés coupables d’avoir « encouragé des manifestants à se joindre ou à rester » dans l’occupation du centre-ville d’Ottawa, en connaissance des perturbations causées aux résidents et aux commerçants, rapporte Kristy Kirkup pour The Globe and Mail. Le juge a toutefois rejeté les accusations plus graves, telles que l’intimidation, l’entrave au travail des policiers, ou l’incitation à commettre une infraction, reconnaissant que les deux accusés avaient appelé à la non-violence et avaient été arrêtés sans incident.
Le contexte : trois semaines de blocage au cœur de la capitale canadienne, entre janvier et février 2022, au plus fort de la contestation contre les mesures sanitaires fédérales. L’événement a marqué l’histoire par le recours controversé à la Loi sur les mesures d’urgence, pour la première fois depuis son adoption, permettant la mobilisation exceptionnelle de ressources policières et le gel de comptes bancaires des participants.
Mais peut-on assimiler une telle manifestation — aussi dérangeante fût-elle — à un crime méritant jusqu’à huit ans de prison? La comparaison avec d’autres verdicts jette un doute croissant.
Deux poids, deux mesures?
La réaction du chef conservateur Pierre Poilievre a mis en lumière ce qu’il qualifie de double standard judiciaire. Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), il écrit :
« Pendant que des criminels violents sont libérés quelques heures après leurs plus récentes accusations, que des émeutiers antisémites vandalisent des commerces, terrorisent des garderies et bloquent le trafic sans conséquences, la Couronne veut sept ans de prison pour les chefs de méfait de Lich & Barber. Est-ce de la justice? »
Ce message, qui a trouvé écho chez plusieurs députés conservateurs, pose une question légitime : comment expliquer que Pat King, autre figure du mouvement, ait écopé en février de trois mois d’assignation à résidence, malgré des accusations similaires incluant la désobéissance à une ordonnance du tribunal? (La Presse Canadienne)
La réponse du ministère public : le cas de […]


