La transition énergétique pourrait-elle devenir un piège économique occidental ? C’est la question que soulève une nouvelle plainte déposée aux États-Unis contre l’Asie, principal exportateur mondial de technologies dites « vertes ». Selon Oilprice.com, qui rapporte les faits dans un article signé Michael Kern, des fabricants solaires américains pressent Washington d’imposer des droits punitifs sur les panneaux en provenance de l’Inde, de l’Indonésie et du Laos — responsables d’un afflux de produits bon marché évalué à plus de 400 % depuis 2021. L’initiative marque un nouveau chapitre dans la lutte contre la domination asiatique sur le marché des énergies renouvelables, une domination qui menace aujourd’hui la souveraineté industrielle du continent nord-américain.
L’industrie américaine sonne l’alarme
Déposée mardi devant la U.S. International Trade Commission (ITC), la plainte émane de l’American Alliance for Solar Manufacturing Trade Committee (AASMTC), qui regroupe plusieurs des plus importants fabricants de panneaux solaires aux États-Unis. Ceux-ci accusent les exportateurs asiatiques de vendre leurs produits à des prix 40 à 50 % inférieurs aux standards américains — une pratique rendue possible, selon eux, par des subventions massives et un soutien politique étranger.
Ces importations à bas coût porteraient gravement atteinte aux efforts déployés par Washington pour rebâtir une filière solaire nationale, notamment à travers les généreux crédits et subventions prévus dans l’Inflation Reduction Act. Autrement dit, alors que l’État investit des milliards pour relocaliser la production de technologies stratégiques, ces dernières continuent d’être produites massivement en Asie… et réimportées à rabais.
Inde, Indonésie, Laos : les nouveaux visages de la Chine ?
L’article de Michael Kern précise que l’Inde, l’Indonésie et le Laos forment désormais le cœur de la contre-offensive asiatique dans ce secteur. En plus d’exporter leurs propres produits, certains de ces pays serviraient également de relais pour contourner les sanctions imposées à la Chine. Le Laos est ainsi pointé du doigt comme une plaque tournante potentielle pour le transbordement de composants chinois, déjà soumis à des droits antidumping depuis plusieurs années.
L’Inde et l’Indonésie, quant à elles, ont vu leurs exportations bondir dans le sillage du moratoire américain de deux ans sur les tarifs (2022-2025), qui a expiré en juin. Selon les données douanières, ces deux pays ont rapidement comblé le vide laissé par la Chine, saturant le marché américain de panneaux solaires subventionnés.
Des entreprises comme Waaree Energies et Vikram Solar en Inde, ou Daya Solar en Indonésie, pourraient bientôt faire l’objet de sanctions si l’ITC reconnaît l’existence d’un « dommage matériel » pour l’industrie américaine. Une décision préliminaire est attendue en août. En cas de conclusion défavorable, le Département du Commerce enclenchera une enquête approfondie sur les pratiques de dumping et les régimes de subventions.
Le spectre d’une dépendance énergétique verte
Cette offensive commerciale n’est pas sans rappeler celle […]


