Le sondage ayant récemment révélé que 48 % des jeunes de la génération Z se déclaraient en faveur de l’indépendance du Québec a fait grand bruit. Plusieurs ont tenté d’analyser un phénomène sociétal que personne n’avait vu venir — pas même les élites indépendantistes. Comment faut-il interpréter cette résurgence d’une idée associée aux baby-boomers, tel un phénix qui se serait métamorphosé en tendance chez les jeunes ?
Pendant des années, nous avons connu ce narratif : les jeunes sont « ailleurs » (mais où ?). On les disait citoyens du monde, émancipés des limites linguistiques du Québec francophone, dotés d’une bien meilleure maîtrise de l’anglais que leurs aînés.
Les élites libérales ont longtemps misé sur le multiculturalisme à l’école, par le biais du cours Éthique et culture religieuse, ainsi que sur des programmes d’anglais intensif, pour progressivement amener les jeunes à se détourner de cette « vieille idée » qu’est l’indépendance. Et pourtant. Et si ce n’était pas aussi simple ?
C’est justement le déracinement, le besoin de reconnecter avec quelque chose qui s’est perdu en chemin, qui explique ce retour des jeunes vers le projet indépendantiste. Cette génération n’a connu à l’école que des cours d’embrigadement à l’idéologie progressiste et au wokisme. On leur a répété toute leur vie que leur langue maternelle était inutile sur le marché du travail. Que l’ouverture sur le monde se faisait en anglais.
Les parents et les grands-parents, quant à eux, n’ont souvent pas transmis grand-chose de la culture traditionnelle. Pour eux, les danses folkloriques, les chansons à répondre et les veillées canadiennes sont un héritage honteux, ringard. Mais les jeunes ressentent un manque. Le sentiment qu’on leur a volé quelque chose. Un héritage auquel ils avaient pourtant droit.
Dans un Québec où de plus en plus de cultures s’entrechoquent, les jeunes « kebs » doivent se définir autrement que par les modes dictées par les algorithmes. Lorsqu’ils voient d’autres cultures défendues avec fierté ici, voire même un certain chauvinisme, ils ressentent, eux aussi, le besoin d’appartenir à quelque chose de plus grand, d’exister dans ce village global tant vanté par les élites.
Mais leur propre culture est constamment salie par les médias, les universitaires, les bien-pensants. On les traite de racistes à chaque fois qu’ils osent lever le ton face aux injustices qu’ils subissent. Pendant ce temps, la classe dominante continue de mépriser les Québécois dits « de souche », vus comme [...]


