L’essor stratégique des minéraux critiques en Amérique du Nord : tour d’horizon des cinq plus grandes mines du continent
La rédaction
Dans un contexte de réorganisation géopolitique et de désindustrialisation partielle de l’Occident, l’approvisionnement en minéraux critiques devient un enjeu stratégique majeur. Dans un article publié le 24 juillet 2025 sur Oilprice.com, le journaliste Andrew Topf propose un panorama détaillé des cinq plus importantes mines de minéraux critiques en Amérique du Nord, illustrant la volonté croissante des États-Unis et du Canada de s’affranchir de la domination chinoise dans ce secteur névralgique.
Une dépendance occidentale longtemps sous-estimée
Andrew Topf rappelle que pendant des décennies, les pays occidentaux ont laissé à la Chine la responsabilité de l’extraction et du raffinage des minéraux critiques, préférant acheter les produits transformés à bas coût, tels que les aimants en terres rares, sans se soucier de la souveraineté de leurs chaînes d’approvisionnement. Cette position passive a permis à la Chine de bâtir un quasi-monopole sur le raffinage des minéraux stratégiques, notamment grâce à sa maîtrise technologique et à des normes environnementales beaucoup plus permissives.
Mais la prise de conscience s’accélère. Aux États-Unis, le président Trump a signé en mars 2025 un décret invoquant des pouvoirs d’urgence pour faciliter l’extraction nationale de minéraux critiques. Cela inclut l’accélération des permis d’exploration et d’exploitation sur les terres fédérales, ainsi que des milliards en prêts et subventions pour renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur. Le Canada, de son côté, a désigné 31 minéraux comme « critiques » pour son économie et sa sécurité nationale, allant du lithium au cuivre, en passant par le graphite et l’uranium. Ottawa entend bâtir une chaîne complète — de l’exploration à la transformation — afin de servir ses ambitions vertes et numériques.
Cinq mines majeures : repères de la nouvelle stratégie continentale
Andrew Topf présente cinq sites miniers considérés comme des piliers actuels du repositionnement nord-américain en matière de minéraux critiques.
1. Mountain Pass (Californie) – MP Materials
Seule mine de terres rares en activité aux États-Unis, Mountain Pass produit principalement des terres rares légères comme le néodyme et le praséodyme, essentiels à la fabrication d’aimants permanents. Jusqu’à récemment, ces matériaux étaient envoyés en Chine pour raffinage. Depuis janvier, MP Materials a commencé la production commerciale de ces métaux à Fort Worth, au Texas, incluant la fabrication d’aimants NdFeB destinés à l’automobile. En 2024, la mine a généré 45 455 tonnes d’oxydes de terres rares en concentré, dont 1 294 tonnes d’oxydes de NdPr. Le département de la Défense a également accordé 35 millions $ à l’entreprise pour développer une installation dédiée aux terres rares lourdes (terbium, dysprosium, samarium), utilisées dans l’aéronautique et la défense.
2. Silver Peak (Nevada) – Albemarle Corp.
En opération depuis les années 1960, Silver Peak est la seule mine de lithium en activité aux États-Unis. Le lithium est extrait d’aquifères saumâtres à l’aide de pompes, puis concentré par évaporation solaire pendant 18 à 24 mois. Le processus permet d’obtenir du carbonate de lithium d’une grande pureté, destiné à l’industrie des batteries. Le site produit actuellement 5 000 tonnes par an, avec un doublement prévu d’ici fin 2025.
3. Red Dog (Alaska) – Teck Resources
Située au nord du cercle […]




