Internet a brisé le monopole culturel et politique des vieux médias
Article d'Anthony Tremblay
Par les temps qui courent, il est de bon ton de critiquer les dérives du Web. Qu’il s’agisse de la désinformation, de l’intelligence artificielle qui volerait des emplois ou de la puissance des GAFAM, force est de constater que le Web tel que nous le connaissons aujourd’hui n’a pas très bonne presse. Et pourtant, il a permis à toute une génération d’entreprendre, de gagner sa vie grâce à sa passion, de créer du contenu de niche qui rejoint un large public. Il a ainsi brisé le monopole des médias traditionnels, et ce, pour le mieux.
Il n’y a pas si longtemps, réaliser ses propres films, lancer son journal ou diffuser une idée à grande échelle relevait de l’exploit, surtout si l’on s’intéressait à des sujets marginaux. Il fallait souvent se contenter de la télévision, des journaux officiels, des magazines ou, à défaut, de quelques films au club vidéo. Tout cela appartient désormais au passé.
Aujourd’hui, nous avons accès à ce que l’humanité sait produire de meilleur — et parfois de pire. Mieux encore : chacun peut devenir créateur et, avec un peu de chance, gagner sa vie grâce aux possibilités offertes par le Web 2.0. Ce Web a démocratisé la diffusion de contenu à grande échelle. Un intérêt apparemment anodin, comme la passion pour un pays tel que le Japon, a suffi à fédérer une communauté entière en ligne.
Ce nouveau paysage numérique a permis de rompre le monopole des médias traditionnels sur la culture et même sur la politique. Il n’est plus nécessaire d’espérer une apparition à la télévision pour se faire entendre. On peut désormais devenir viral avec une simple vidéo TikTok, ou lancer sa propre chaîne dédiée à l’actualité politique. L’exemple de nombreux balados à succès en témoigne : au Québec, il existe bel et bien un marché pour une parole politique non officielle, alternative, voire dissidente.
C’est pourquoi il faut éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain. Le Web regorge de possibilités pour diffuser ses idées, ses passions et ses connaissances. Il ébranle un peu plus chaque jour le monopole des sociétés d’État comme [...]


