Enregistrement explosif révélé par le National Post : CBC accusée d’étouffer ses journalistes
Texte de Philippe Sauro Cinq-Mars
La crise ouverte qui secoue la société d’État CBC/Radio-Canada prend un nouveau tournant explosif. Le journaliste Adrian Humphreys, du National Post, a obtenu un enregistrement audio exclusif d’une réunion disciplinaire interne à CBC, tenue en avril 2024, entre l’animateur vedette Travis Dhanraj et des cadres du diffuseur public. L’échange, tendu, jette une lumière crue sur le contrôle exercé par l’institution sur ses journalistes, en contradiction flagrante avec sa mission officielle d’indépendance et de transparence.
L’affaire Dhanraj, déjà hautement médiatisée depuis sa démission fracassante début juillet, prend ainsi une dimension encore plus inquiétante. Dans ses lettres publiques, l’ancien animateur de Canada Tonight dénonçait une culture de « diversité de façade », une couverture politique biaisée, et une érosion de l’indépendance éditoriale au sein de CBC. Il évoquait un système de représailles contre les voix dissonantes, de favoritisme idéologique et de marginalisation des journalistes souhaitant donner la parole à des points de vue conservateurs. Or, l’enregistrement révélé par Humphreys confirme, mot pour mot, ce qu’il dénonçait.
Une punition pour avoir voulu interroger la présidente
Au cœur de l’entretien disciplinaire : un simple message publié par Dhanraj sur X (ex-Twitter), le 19 avril 2024, dans lequel il déplorait le refus de la présidente de CBC, Catherine Tait, de participer à son émission pour discuter des nouvelles orientations budgétaires de la société. Une demande pourtant légitime, dans un contexte de financement public, que la direction a interprétée comme une faute professionnelle.
Dans l’enregistrement, la directrice principale Andree Lau soutient qu’un employé syndiqué qui critique son employeur sur les réseaux sociaux viole potentiellement les standards de « conflit d’intérêts » de la CBC. Dhanraj, interloqué, rétorque que son tweet ne contenait aucune information confidentielle et visait uniquement à souligner un refus d’entrevue. Il insiste sur la confusion manifeste entre la mission journalistique de CBC et les intérêts corporatistes de sa direction. « Je trouve problématique que cette réunion discute des intérêts de la corporation, pas de journalisme », déclare-t-il.
Lau insiste malgré tout sur une prétendue « atteinte à l’intégrité » et une « impartialité perçue », car Dhanraj — étant employé de CBC — aurait un « intérêt personnel » dans le sujet. L’argument, pour le moins circulaire, laisse entendre qu’un journaliste CBC ne pourrait jamais critiquer CBC, sous peine de sanctions.
Une machine à se protéger, pas à informer
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