De McGill à Pékin : faut-il vraiment écouter des experts qui admirent la dictature chinoise?
Texte de Philippe Sauro Cinq-Mars
Il faut vraiment avoir perdu tout bon sens pour publier, comme l’ont fait Julian Karaguesian et Robin Shaban dans The Globe and Mail, un appel aussi naïf que dangereux à forger des liens plus étroits avec la Chine communiste, sous prétexte de desserrer l’étreinte de Washington. Intitulé “Let’s free ourselves of the U.S. and forge closer ties with China”, cet article d’opinion frise l’aveuglement idéologique — voire, selon certains, le sabotage intellectuel volontaire. L’idée qu’un partenariat renforcé avec un régime autoritaire, expansionniste et profondément hostile aux valeurs démocratiques puisse garantir la « souveraineté » économique du Canada est non seulement erronée, mais relève d’un aveuglement politique suicidaire.
Une vision perverse de la souveraineté
Selon Karaguesian, ex-conseiller au ministère des Finances, et Shaban, « experte » en politiques publiques, le principal obstacle à la prospérité canadienne serait notre alignement stratégique avec les États-Unis. Ils reprochent à Washington de nous traiter en « subordonné » et proposent, comme solution, un rapprochement économique et technologique avec Pékin. Autrement dit : comme les États-Unis nous imposeraient leur agenda, troquons notre allégeance pour un régime qui ne cache même pas ses ambitions totalitaires et impérialistes.
Ils accusent le gouvernement canadien d’être prisonnier d’une vision « atlantiste » dépassée, alors que la Chine, selon eux, serait un partenaire fiable, innovant, porteur d’un avenir plus radieux. Que la République populaire de Chine soit gouvernée d’une main de fer par le Parti communiste, qu’elle procède à la surveillance de masse de sa population, qu’elle ait érigé des camps d’internement pour les Ouïghours, qu’elle musèle toute opposition politique, qu’elle annexe militairement la mer de Chine ou menace Taïwan : tout cela semble secondaire aux yeux de ces deux auteurs.
La Chine, vraiment un partenaire « souverain »?
Affirmer que la Chine est un […]


